En 2018, les autorités iraniennes ont réprimé les enseignant·e·s, éducateurs et éducatrices qui demandaient l’amélioration du système éducatif et la hausse de leurs salaires de manière à ne plus vivre en dessous du seuil de pauvreté. 

Les forces de sécurité ont arrêté plusieurs professeur·e·s de lycée, mais également des leaders syndicaux et des étudiant·e·s diplômé·e·s. Ce fut le cas de Mohammad Habibi, enseignant et dirigeant syndical. 

En mai 2018, alors qu’il participait à une manifestation pacifique dans Téhéran, organisée par l’Association Iranienne des enseignants de Téhéran, Mohammad est arrêté et emprisonné aux côtés de 13 autres manifestants. 

Il est accusé de « réunion et conspiration portant atteinte à la sécurité nationale », « propagande contre l’État » et « troubles à l’ordre public ». Pour ces raisons, il est condamné à plus de 10 ans de prison et à 74 coups de fouet. Actuellement, il purge encore sa peine au Grand Pénitencier de Téhéran. 

Les revendications des manifestant·e·s portaient plus particulièrement sur la privatisation de l’éducation, qui provoquent une hausse considérable des prix de l’éducation de base, ce qui privent la plupart des jeunes provenant des milieux défavorisés d’accéder aux enseignements proposés. 

Ils et elles protestaient aussi contre la surpopulation et le manque de sécurité dans les classes, le contenu du programme scolaire, la discrimination du système éducatif et la mauvaise distribution des ressources publiques. 

La Constitution iranienne garantit la liberté de manifester et assure le droit de grève. Pourtant, ces droits sont souvent considérés comme des atteintes à la sécurité nationale. 

A la suite de l’arrestation de Mohammad, de nombreux enseignant·e·s ont organisé une grève nationale en octobre 2018dans le but de mettre en lumière la situation critique que subissent les enseignant·e·s et les élèves, une situation qui nécessite une réforme urgente du système éducatif. 

Un nouveau mouvement de grève a été organisé un mois plus tard, cette fois également rejoint par les étudiant·e·s se plaignant des frais de scolarité beaucoup trop élevés. 

Mohammad est encore aujourd’hui injustement incarcéré. 

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